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Plus de trois cents personnes ont participé à cette rencontre, représentant dix huit pays : d'Europe (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Irlande, Italie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Slovénie, Suisse), d'Amérique du Nord (Canada, USA), d'Amérique du Sud (Chili, Argentine, Pérou), d'Afrique (Maroc, Burkina Faso).
Les participants étaient de tous âges, de 2 ans à 92 ans. Une trentaine d'enfants, des adolescents, des jeunes, des adultes, des personnes retraitées, des personnes handicapées... pour partager trois journées et habiter ensemble dans la diversité des cultures, des âges et des personnalités. Un pari semble-t-il réussi. Des moments de fête, des partages d'expériences au cours des rencontres « a casa di », des soirées artistiques, des jeux, des paroles riches prononcées par les intervenants du brunch/conférence (Majid Rahnema, Olivier Fenoy, Pierangelo Sequeri, Jacques Dufresne), une vie quotidienne riche de rencontres par une vie en maisonnées, une marche en montagne, la découverte d'un terroir...
ICI ET MAINTENANT
Comme nous l'avions souhaité nous pouvons
témoigner aujourd'hui qu'en haut de la montagne l'instant présent dura
trois jours. Habiter fut le fil rouge de cette rencontre. Ici et
maintenant devient, comme nous l'a dit Majid Rahnema, le problème
le plus important. Comme un surfeur nous allons sur la vague ou sous
la vague, nous apprenons à vivre les vagues mais pas à dire des choses
d'ordre général. Aller à l'essentiel, c'est d'abord bien voir les
questions avant de vouloir connaître la solution. Il ne faut pas se
presser... C'est le rythme du congrès, chemin permanent d'incarnation
de la beauté défriché par les anciens, et encore exploré aujourd'hui
par nécessité intérieure.
Accueillis par une pluie battante, le froid et
le brouillard, nous sommes partis marcher dans la montagne. Clin d'oeil
de la météo pour exercer un regard d'aigle qui devine le mystère, sans
encore le voir ! La beauté se laisse chercher, temps nécessaire pour
se rendre disponible, pour accueillir ses propres pauvretés et s'émerveiller
de ses grandeurs. Oser affirmer que la beauté est salvatrice, qu'elle
sauve le monde, est une vision du monde. La beauté, c'est la confiance
absolue en la personne humaine, capable d'être sujet d'elle-même et des
actes qu'elle pose. C'est accepter cette chasteté du coeur, cette ascèse
du regard qui se garde bien de vouloir changer l'autre (Olivier Fenoy).
La brume s'est dissipée, la montagne est apparue et nous avons vu vallées
et cimes enneigées. A deux, à trois, à dix, à vingt ou tous ensemble,
nous avons marché, chanté, mangé, dansé, travaillé, conversé, échangé,
fait la fête. En un mot nous avons vécu. Nous nous sommes offerts de nous
laisser regarder, sur scène et dans la réalité de nos vies quotidiennes.
Nous avons pris le risque d'être qui nous sommes, sous le regard des
autres. Même si les hommes, les femmes et les enfants ne sont pas parfaits,
et peut-être justement pour cela, il faut les appeler à s'offrir, à offrir,
à donner, se donner pour l'incarnation de la beauté, nous disait le
professeur Sequeri. A celui qui répond à cet appel s'offre une juste
place.
Celle-ci sait accueillir, celui-là sait parler
ou chanter, cet autre sait se taire, ceux-ci organisent, ces autres se
laissent faire, ceux-là font danser, celui-ci connaît la nature ou la
science, ceux-la innovent, celui-ci connaît l'histoire et tous la font.
On assiste à la naissance d'un corps, d'une substance, mystère organique
où rien n'est étranger à la vie, où rien ne m'est étranger puisque nous
sommes les attributs de cette substance.
Jacques Dufresne, québécois, a conclu son
intervention en nous confiant que « L'Europe a une vocation
particulière de par son histoire. Vous autres européens vous êtes
particulièment bien placés pour remettre l'esthétique au cœur de
tout, à sa vraie place... L'esthétique c'est l'éthique incarnée ».
Une nouvelle invitation à prendre soin de ses responsabilités sur
la route pour habiter de l'infiniment petit à l'infiniment grand.
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